Augmentation du nombre d’insectes, chevreuils dans les jardins privĂ©s, cerfs, renards dans les rues, sangliers sur la croisette Ă  Cannes, baleines dans les calanques de Marseille, phoques sur les plages de Dunkerque, flore indisciplinĂ©e, 
 Le confinement de Mars 2020 a eu un impact sans commune mesure sur la biodiversitĂ© qui a pleinement pu reprendre ses droits pendant 2 mois oĂč la France a tournĂ© au ralenti.

Cette pĂ©riode n’a fait que renforcer l’idĂ©e que le secteur de la construction a un vĂ©ritable rĂŽle Ă  jouer pour repenser la ville de demain. À l’heure oĂč la dĂ©fense de la BiodiversitĂ© et la vĂ©gĂ©talisation sont sur toutes les bouches, oĂč l’on parle d’agriculture urbaine, d’architecture biomimĂ©tique ou encore de green data qu’en est-il des actions prises par le secteur du BTP? Quels sont leurs enjeux ?

 

La France a promis d’atteindre la neutralitĂ© carbone d’ici 2050, la rĂ©glementation thermique RT 2020 entrĂ©e en vigueur le 1er janvier 2021, impose pour la premiĂšre fois l’utilisation systĂ©matique d’énergies renouvelables pour toutes nouvelles constructions. Autant de prises d’initiatives et d’engagements qui renforcent le besoin urgent de rĂ©intĂ©grer la nature au sein des villes et des centres urbains.

« La rĂ©glementation thermique RT 2020 entrĂ©e en vigueur le 1er janvier 2021, impose pour la premiĂšre fois l’utilisation systĂ©matique d’énergies renouvelables pour toutes nouvelles constructions… »
Une prioritĂ© renforcĂ©e par les habitants des villes eux-mĂȘmes qui rĂ©clament plus de vert dans leur paysage. En effet, d’aprĂšs une Ă©tude rĂ©alisĂ©e en 2019 par Novaxia, plus d’un tiers des Français pensent que la ville idĂ©ale est celle qui rĂ©pond aux impĂ©ratifs Ă©cologiques. En 2019 toujours, 52% des urbains rĂ©clamaient une plus grande vĂ©gĂ©talisation des toits et des murs pour faire face aux problĂšmes environnementaux (sources : association Ecovegetal).

Plus que jamais les villes doivent renouer avec la nature, devenir de vĂ©ritables oasis oĂč il fait vĂ©ritablement bon vivre.

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Végétalisation urbaine : vers la renaissance de la ville verte.

Si jusqu’alors, l’enjeu consistait Ă  refleurir les espaces, crĂ©er plus de jardins et de parcs, qui n’ont eu de cesse de se dĂ©multiplier aux cours des derniĂšres annĂ©es. La ville de demain doit aller un cran plus loin en intĂ©grant dans son Ă©cosystĂšme ces initiatives vertes.

Partout dans le monde, les espaces urbains verdissent, Singapour en tĂȘte oĂč, aujourd’hui 29% de son territoire est dĂ©volu aux espaces verts. Seattle, Vancouver, Sydney, Amsterdam, Francfort ou encore GenĂšve la vĂ©gĂ©talisation dĂ©passe les 20% de d’occupation de la superficie.

En France nous sommes encore loin du compte, alors pour rĂ©tablir cet Ă©quilibre, on voit fleurir de plus en plus de fermes urbaines, notamment Ă  Paris oĂč une structure de ce type, de 14 000 m2 Ă  ouvert ses portes en 2020. Les acteurs de la construction n’imaginent plus un projet sans qu’il soit « GreenMinded » comme par exemple le programme « Wood’Art La CanopĂ©e » imaginĂ© par Icade Ă  Toulouse.

Si transformer le parc immobilier des villes en un temps court est impossible, l’enjeu est bel et bien de multiplier le vĂ©gĂ©tal et faire un vrai pas vers le vivant.

Projet Wood’Art – La CanopĂ©e – Icade
BiodiversitĂ© et Architecture : vers l’essor de la « Bioarchitecture ».

Les enjeux se concentrent donc sur la biodiversitĂ©. Il s’agit bien de reconstruire la biodiversitĂ© lĂ  oĂč il est possible de le faire. Aujourd’hui il s’avĂšre incontournable de reconstituer les Ă©cosystĂšmes Ă  la surface des bĂątiments en multipliant les espĂšces vĂ©gĂ©tales et en crĂ©ant des interactions entre elles comme dans la nature. Il s’agit d’imaginer et conceptualiser des Ă©difices qui font corps avec l’environnement dans lequel ils s’implantent sans les impacter et qui plus est seront capable d’absorber les chocs climatiques.

Les Majors du secteur ont bien identifiĂ© ses enjeux Ă  l’image de Bouygues qui a d’ores et dĂ©jĂ  rĂ©ussi Ă  promouvoir 4 projets sous la caution « Biodivercity » label imaginĂ© et portĂ© par le Conseil International BiodiversitĂ© et Immobilier (http://cibi-biodivercity.com/). En effet l’Ă©co quartier de l’Anse du Portier Ă  Monaco initiĂ© en 2018 est un modĂšle du genre grĂące Ă  « un dispositif inspirĂ© par les structures naturelles de type coralliennes », il est devenu un lieu de vie pour les espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales locales. Projet pour lequel nous avons eu la chance d’accompagner l’un de nos clients, le groupe FARECO qui, en partenariat avec SFR avait planchĂ© sur l’installation de capteur 5G en vidĂ©o surveillance, respecteuse de l’Ă©cosystĂšme.

Projet « Biodivercity » Bouygues Immobilier – Écoquartier de l’Anse du Portier Monaco
De son cĂŽtĂ© Vinci, en partenariat avec l’Établissement d’Enseignement SupĂ©rieur et de Recherches AgroParisTech a dĂ©veloppĂ© un outil prĂ©dictif permettant d’identifier le potentiel de biodiversitĂ© des projets de construction dans le but de rendre les constructions les plus propices Ă  l’installation et au dĂ©veloppement de la faune et de la flore.

 

Ces avancĂ©es rejoignent celles de l’architecture biomimĂ©tique ; vision contemporaine de l’architecture qui cherche des solutions pour la durabilitĂ© dans la nature, non pas en reproduisant les formes naturelles, mais en comprenant les rĂšgles qui rĂ©gissent ces formes. Une pensĂ©e qui se voit augmentĂ©e dĂšs lors que l’on l’associe aux puissants pouvoirs de la data.

Vers une synergie liant le vivant et la puissance de la data.
Big Data, Intelligence Artificielle : vers une Smart&Green City

Les projets de la ville augmentĂ©e sont eux aussi en plein effervescence. Le Smart City n’a jamais Ă©tĂ© aussi proche de nous et elle entend bien prendre en considĂ©ration les enjeux de la Green environnementaux.

En connectant, bĂątiments, quartiers et territoires, capteurs et algorithmes la ville pourra se repenser comme un Ă©cosystĂšme vertueux oĂč l’on pourra mesurer l’impact de tel ou tel espĂšces vĂ©gĂ©tal, savoir quel et ou implanter une vĂ©gĂ©tation bĂ©nĂ©fique Ă  un environnement en souffrance ou demandant un « nettoyage » urgent et efficace du CO2. Ces technologies permettront Ă©galement d’optimiser les rendements de l’agriculture urbaine et la production d’énergies renouvelables.

 

 

Cette aspiration vers toujours plus de vert semble ouvrir les yeux sur les nouveaux codes qui dictent la ville de demain qui va sans nulle doute transformer les réflexions architecturales et le BTP.

Cet algorithme vertueux liant urbanisation, nature et numĂ©rique, et non plus data et construction contre nature et le vivant est finalement l’ouverture majeure vers le nouvelle identitĂ© de la ville. L’enjeux pour les acteurs de l’art de construire serait alors de rĂ©concilier le temps court des transformations technologiques avec le temps longs de l’écologie. En d’autre terme, les citĂ©s et ses bĂątisseurs de demain devront s’appuyer sur le monde fascinant de la biodiversitĂ© et les nouvelles technologies pour atteindre leurs objectifs de constructions neutres.